Tailler la vigne après le gel : une tâche délicate

Classé dans : Lalande de Pomerol | 0

En cette fin janvier les travaux de taille de la vigne ont bien avancé au Château Vieux Chaigneau.

Sur les parcelles peu touchées par le gel en 2017, la tâche n’est pas plus compliquée qu’à l’accoutumé. Nous appliquons le schéma de taille habituel que l’on nomme le guyot mixte. Il consiste à laisser sur le pied deux bois parmi ceux qui ont poussé l’année passée. Le premier est un bois long qui portera six à huit grappes de raisin cette saison. Le second situé de l’autre côté du pied est un bois court qui portera une ou deux grappes. Ce système nous permet de garantir une production en quantité modérée et bien répartie sur chaque pied de vigne. Nous favorisons ainsi la qualité de la récolte.

 

Pied de vigne avant la taille.
Pied de vigne après la taille.

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur les parcelles touchées par le gel, le travail est plus compliqué. La vigueur de certains pieds a été fortement diminuée et les bois formés sont trop faibles pour pouvoir supporter six grappes. Dans ce cas nous ne laissons que deux bois courts. Le pied de vigne sera moins sollicité cette année et regagnera de la vigueur. Bien sûr, pour ces parcelle la quantité de raisin récoltée sera moindre. Le gel a fait chuter de moitié le volume de Château Vieux Chaigneau produit en 2017 et il aura aussi des conséquences sur la production du millésime 2018.

Vieux pied de vigne affaibli par le gel avant la taille.
Vieux pied de vigne affaibli par le gel après la taille.

Viticulture raisonnée, le bilan 2017

Classé dans : Lalande de Pomerol | 0

Vous avez sans doute déjà lu ici que depuis plus de trente années les sols du domaine sont travaillés de façon à respecter la vie du sol, nous n’utilisons donc ni herbicide ni engrais chimique.

Cependant, vous vous êtes sans doute interrogé sur la manière dont nous menons la culture de la vigne. Nous allons donc vous informer tous les ans de nos pratiques et efforts en ce domaine.

Nous menons une viticulture raisonnée. Celle-ci consiste principalement à conjuguer prévention et soins en fonction des besoins observés de la plante. Notre principe est le suivant : favoriser les mécanismes naturels de régulation, bannir les produits toxiques à la vie. Nous n’utilisons donc aucun produit CMR dangereux pour la santé humaine.

Nous les avons substitués par des produits biologiques ou de synthèse, utilisés à dose et à fréquence raisonnable. Pour cela nous sommes aidés par la chambre d’agriculture de la Gironde qui nous apporte conseils et soutient à travers ses différents programmes de développement de techniques écologiques.

Nous venons de recevoir le bilan de la saison 2017. Malgré des conditions climatiques difficiles : gel en début de printemps, période de canicule suivie de pluies abondantes en juin, nous avons contenu notre IFT fongicide à 9,13 bien en dessous de l’indice de référence de 12,4 (source Agreste 2013).

En mettant en place une observation fine des risques tout au long de la saison, nous n’avons eu ni traitement insecticide, ni botrytis seuls les mildiou et oïdium ont fait l’objet de traitements. L’attaque du ver de la grappe observée à la floraison a été contenue naturellement.

Indicateur de fréquence de traitement fongicides 2017
Indicateur de fréquence de traitement fongicides 2017

Pour les traitements fongicides effectués nous avons utilisés 52 % de produits biologiques. Globalement nous avons réduit les doses employées de 49,5 % en moyenne par rapport aux préconisations des fabricants. Les produits de bio-contrôle1 qui comptent pour 31 % des traitements ont aussi contribué à une protection phytosanitaire la plus respectueuse possible de l’environnement.

Rétrospectivement, il s’avère que les prévisions météorologiques peu fiables ont conduit à réaliser un traitement superflu. Nous aurions pu diminuer l’IFT observé, mais la perte de 50 % de la récolte due au gel nous a conduit à ne prendre aucun risque sur la prévention.

En résumé, les résultats obtenus dans ces conditions de culture difficile nous donnent confiance pour l’avenir. Nous envisageons d’obtenir dans les prochaines années la reconnaissance de nos efforts par une certification environnementale. Ces acquis confortent notre volonté : favoriser le travail de la nature pour produire un vin de qualité qui réjouisse les papilles.


1  Un produit de bio-contrôle est un agent utilisant des mécanismes naturels dans le cadre de la lutte
intégrée contre les ennemis des cultures. Ces produits peuvent être biologiques ou de synthèse.

Bilan de culture – millésime 2017

Classé dans : Lalande de Pomerol | 0

La culture de la vigne est un art délicat.

L’hiver 2017 fut chaud, et la pousse précoce.
Le 27 avril, le printemps venait juste de démarrer, le gel cueillit des bourgeons débourrés, des tiges déjà formées, impactant les rendements à venir de moitié.
Difficile de mesurer les conséquences du phénomène sur la qualité, car l’impact fut très variable suivant les parcelles et la situation des pieds dans celles-ci. Certains furent grillés et durent reformer de nouvelles tiges alors que d’autres furent simplement retardés et purent continuer leur croissance.
La culture 2017 fut donc compliquée, car il fallut gérer la pousse de façon différenciée, au plus prêt des besoins de la vigne.
L’été en dent de scie ne facilitât pas la tâche. Des périodes chaudes (voir très chaudes) et sèches alternèrent avec des épisodes de fortes pluies apportant fraîcheur et humidité. Pas évident dans ces conditions de prévoir la qualité du raisin.

À fin août, les grappes des pieds retardés par le gel sont belles et précoces avec une qualité prometteuse. Sur les vignes gelées, le retard est en partie rattrapé avec un raisin de qualité.
La vendange s’annonce complexe. Il faudra récolter les raisins de façon différencié, stocker les jus selon leur provenance de façon à assurer une vinification optimale.